D’après la base Builders Republic, les startups françaises ont bouclé 449 levées en capital sur les 9 premiers mois de 2026. Pour trouver des investisseurs et en faire partie, il faut d’abord savoir qui finance votre stade : proches et business angels au pre-seed, fonds d’amorçage au seed, fonds de capital-risque à partir de la Série A. Il faut ensuite cibler une courte liste de fonds réellement actifs, obtenir des introductions plutôt qu’écrire à froid, et mener la levée comme un processus commercial.
Le plus mal compris de ces points est le deuxième. Sur les 803 fonds qui investissent dans la tech française, 74 seulement ont fait au moins quatre nouveaux investissements ces douze derniers mois. Viser les fonds connus plutôt que les fonds actifs est l’erreur qui coûte le plus de temps.
1,6M€ ticket médian en amorçage 9 premiers mois de 2026 211 tours 7M€ ticket médian en Série A 9 premiers mois de 2026 108 tours 74 fonds très actifs sur 803 référencés au moins 4 nouveaux deals en 12 mois 8% des tours d’amorçage passent par un leveur de fonds contre plus d’un tiers en Série BQui finance quel stade
Le premier filtre est le stade. Un fonds de Série A attend en général du chiffre d’affaires, et un réseau de business angels ne suivra pas un tour de 15M€. La deeptech fait exception : on y finance une technologie avant ses revenus. Elle pèse un tiers des tours de l’année, et des Séries A comme celles de Quobly (115M€) ou de Bionyra Pharma (143M€) ont été levées sur des jalons techniques et cliniques, pas sur un chiffre d’affaires.
Stade | Ticket médian (9 mois 2026) | Tours sur 9 mois | Qui investit | Ce qu’il faut montrer |
|---|---|---|---|---|
Amorçage (pre-seed et seed) | 1,6M€ | 211 | Proches et business angels au pre-seed, fonds d’amorçage et business angels au seed | Une équipe, un problème, de premiers usages ou de premiers clients |
Série A | 7M€ | 108 | Fonds de capital-risque généralistes ou sectoriels | Une croissance régulière et un modèle qui se répète ; en deeptech, des jalons techniques franchis |
Série B | 21M€ | 37 | Fonds de croissance, souvent étrangers | Un moteur de croissance prouvé et des indicateurs d’efficacité |
Pour chaque stade, nos listes recensent les fonds qui y investissent : les 280 fonds de pre-seed, les 586 fonds de seed en France, les 498 fonds de Série A, les 302 fonds de Série B et les 241 fonds de growth.
Au pre-seed, l’argent vient des proches et des business angels. Les business angels, souvent d’anciens fondateurs ou dirigeants, apportent leur argent et leur réseau ; notre base de business angels en recense 1 400.
Plus le tour est gros, plus les fonds étrangers comptent. Sur les 9 premiers mois, 54% des plus gros tours d’amorçage et de Série A comptent au moins un fonds de capital-risque étranger, et près de six Séries B sur dix. Une levée de Série B se prépare donc aussi hors de France.
Avant de chercher : savoir ce que vous levez
Un investisseur se pose trois questions : combien, pour quoi faire, et jusqu’où cela vous emmène.
Le montant se déduit du plan, jamais l’inverse. Construisez vos dépenses sur 18 à 24 mois, identifiez l’étape à atteindre dans 12 à 15 mois pour justifier le tour suivant, et levez ce qu’il faut pour y arriver.
L’usage des fonds tient en trois à cinq lignes : où va l’argent, dans quelle proportion, pour quelle durée. « Accélérer la croissance » n’est pas un usage.
La dilution se calcule avant le premier rendez-vous. Céder 15 à 25% du capital au seed est la norme. Les fondateurs ont intérêt à rester au-dessus de 60% après le seed, pour absorber la Série A sans descendre sous 45 à 50%.
Ces trois réponses fixent votre stade, donc les fonds à viser. Le guide de levée de Builders Republic fournit pour cette étape un plan financier sur 24 mois et un modèle d’usage des fonds.
Cibler les fonds qui investissent vraiment
C’est l’étape la plus négligée, et celle où les données changent tout.
Moins d’un fonds sur dix est très actif. Sur les 803 fonds qui investissent dans la tech française, 74 ont fait au moins quatre nouveaux investissements ces douze derniers mois. Le seed est le stade le mieux servi, avec 71 fonds très actifs ; au-delà, la liste se resserre : 50 en Série A, 22 en Série B, 9 en growth. Le pre-seed n’en compte que 36. Un même fonds peut investir à plusieurs stades, d’où un total supérieur à 74. À l’amorçage, Kima Ventures, le fonds de Xavier Niel, a fait 33 nouveaux deals sur les 9 premiers mois, loin devant Drysdale Ventures (13). À l’inverse, un fonds qui figure dans un annuaire n’investit pas forcément cette année : il a pu déployer l’essentiel de son capital, être en train de lever son prochain véhicule, ou n’investir en France qu’à l’occasion.
Un fonds qui a presque tout investi continue de prendre des rendez-vous : garder un œil sur le marché fait partie du métier, et il prépare déjà le portefeuille de son prochain véhicule. Le rendez-vous est cordial, les questions sont bonnes, et la réponse finit par être « trop tôt pour nous ». Demandez simplement où en est le déploiement du fonds : la réponse vous fera gagner trois semaines.
Mieux vaut partir des critères que des noms connus. Pour chaque fonds, quatre points se vérifient :
Le stade et le ticket. Un fonds qui investit 3M€ minimum n’est pas le bon interlocuteur pour un tour de 800 000€.
La thèse réelle. Le fonds a-t-il investi dans votre secteur ces 12 à 24 derniers mois ? Ses derniers tours le disent mieux que son site. Et s’il a un concurrent direct en portefeuille, la discussion s’arrêtera vite.
Le moment de vie du fonds. Un fonds qui vient de boucler sa levée déploie activement ; un fonds qui a investi 90% de son capital n’a plus qu’une ou deux places.
L’associé référent. Qui, dans l’équipe, suit votre secteur ? C’est lui qui défendra le dossier en comité.
Le résultat tient en 25 à 35 fonds qui ont une raison structurelle d’investir chez vous, répartis en trois listes. Les moins prioritaires servent à roder le discours ; les cibles favorites s’approchent en dernier, quand le pitch est au point et que la dynamique est là.
Nos listes de fonds d’investissement font ce premier tri par stade et par secteur (santé, climat, IA, deeptech, fintech, défense…). Notre base d’investisseurs va plus loin : 800 fonds et 1 500 investisseurs filtrables par stade, secteur, ticket, géographie et activité réelle, avec le point d’entrée habituel de chaque fonds, la personne qui traite les dossiers entrants.
Où rencontrer des investisseurs
Une liste de fonds ne suffit pas : il faut aussi des occasions de croiser leurs équipes. Quatre canaux reviennent.
Les réseaux de business angels. France Angels fédère des réseaux régionaux, et les écoles ont les leurs : BADGE, INSEAD Business Angels Alumni France, Arts et Métiers Business Angels. Ils examinent des dossiers à intervalles réguliers et co-investissent souvent avec des fonds d’amorçage.
Les accélérateurs. Un programme d’accélération débouche en général sur une présentation devant des investisseurs, et certains investissent eux-mêmes : Seedcamp figure parmi les suiveurs les plus actifs de l’année en France.
Les événements de l’écosystème. Salons, soirées de présentation et rencontres sectorielles servent surtout à créer un premier lien, qu’une introduction viendra ensuite concrétiser.
Le financement participatif en capital. Des plateformes agréées comme WiSEED, Tudigo ou Sowefund ouvrent le tour à des particuliers. Il reste marginal dans la tech : une poignée de tours sur les 9 premiers mois.
Obtenir une introduction plutôt qu’écrire à froid
Une introduction convertit 5 à 10 fois mieux qu’un message à froid. Le capital-risque français est un petit marché où la confiance prime sur tout, et un analyste de fonds d’amorçage voit passer entre 500 et 1 500 dossiers par an.
Les meilleures sources d’introduction, dans l’ordre :
Un fondateur du portefeuille du fonds. Sa recommandation auprès d’un investisseur qui l’a accompagné est le signal le plus fort qui existe. La relation se construit avant de demander l’introduction.
Un business angel de votre capital, ou une personne de votre réseau qui connaît l’associé visé.
Un message direct, en dernier recours. Il ne fonctionne que si les trois premières lignes sont parfaites : un objet de moins de 50 caractères avec le stade, le secteur et un chiffre clé (« Seed · SaaS RH · 30K€ de MRR, +35%/mois », le MRR étant le revenu mensuel récurrent), une première phrase qui dit pourquoi ce fonds précisément, 100 à 150 mots, une seule demande avec deux ou trois créneaux.
Les tours récents d’un fonds disent qui peut vous introduire : les sociétés qu’il a financées et les investisseurs qui l’accompagnaient. Un tour réunit en médiane trois investisseurs, donc chaque levée récente de votre secteur donne plusieurs noms à approcher.
Facilitez enfin la vie de votre introducteur. La demande tient en quatre lignes : « Je vois que tu connais [associé] chez [fonds]. On lève un seed de [montant] pour [société], on fait [une phrase], on a [un chiffre clé]. Serais-tu d’accord pour nous présenter ? Je te prépare le texte. » Puis envoyez-lui un texte de présentation de 100 mots au plus, qu’il pourra transférer tel quel.
Vu de l’intérieur d’un fonds, un message à froid se lit en quelques secondes, souvent sur téléphone, entre deux rendez-vous. Il n’est pas jugé sur sa politesse mais sur une seule question : faut-il en parler lundi en réunion d’équipe ? Si l’objet et la première ligne n’y répondent pas, le reste n’est pas lu.
Mener la levée comme un processus commercial
Une levée se mène comme une vente : une liste de prospects, des étapes, des relances et un calendrier. Une levée de seed représente 40 à 80 conversations et prend 2 à 5 mois.
Créez de la simultanéité. Contacter les fonds au fil de l’eau pendant quatre mois est l’erreur classique : chacun sait qu’il est seul en course et temporise. Les prises de contact partent par vagues, espacées de 7 à 10 jours.
Suivez chaque fonds par étape : à contacter, contacté, premier rendez-vous, deuxième rendez-vous, analyse approfondie, comité, lettre d’intention (term sheet).
Qualifiez l’investisseur autant qu’il vous qualifie. Mène-t-il les tours ou les suit-il ? La différence est décisive : Kima Ventures, l’investisseur le plus actif de l’année, suit les tours, quand GO Capital, Hexa ou Irdi les mènent. Sans fonds pour mener, il n’y a pas de tour. Où en est le déploiement de son fonds ? Qui suivrait le dossier ? Combien de temps prend sa décision ? Ces questions montrent que vous choisissez, et non que vous cherchez de l’argent à tout prix.
Documentez chaque refus. Si la même objection revient trois fois, c’est un signal sur le dossier, pas sur les investisseurs.
Un tableur suffit pour dix fonds. Au-delà, un outil dédié évite de perdre le fil : le CRM de levée de Builders Republic suit chaque fonds dans ces étapes, avec tâches et relances, gratuitement jusqu’à 20 fonds.
Faut-il passer par un leveur de fonds ?
Pas au seed. Sur les 9 premiers mois de 2026, 8% seulement des tours d’amorçage ont été accompagnés par un leveur de fonds ou une banque d’affaires, contre 20% des Séries A et plus d’un tiers des Séries B.
Au seed, les investisseurs attendent d’un fondateur qu’il sache vendre sa société lui-même : c’est un signal sur sa capacité à convaincre des clients, à recruter et à fédérer. Déléguer cette étape peut au contraire interroger. À partir de la Série A, un leveur se justifie davantage : réseau d’investisseurs, préparation du dossier, conduite d’un processus plus long.
Notre annuaire des leveurs de fonds recense les opérations que chacun a accompagnées.
Les erreurs qui coûtent des mois
Commencer par les fonds les plus connus. Ce sont ceux qui reçoivent le plus de dossiers, et une première présentation ratée ne se rattrape pas.
Lancer la levée trop tard. Avec moins de trois mois de trésorerie devant soi, on négocie mal, on accepte des conditions défavorables, et les investisseurs le sentent.
Relancer sans rien apporter. Une relance part dans les 24 heures après un rendez-vous, et toujours avec une information nouvelle : un client signé, un chiffre du mois.
Arriver avec une valorisation sortie de nulle part. Montant, instrument et valorisation se justifient par la traction, pas par le dernier tour d’un concurrent.
Prendre l’intérêt d’un fonds pour un engagement. C’est la plus fréquente. « On adore, tenez-nous au courant » n’est pas un oui, c’est un non poli qui garde la porte ouverte. Tant qu’il n’y a ni deuxième rendez-vous avec un associé, ni demande d’accès à la data room, il n’y a rien.
Ce que contient le guide de levée Le guide de levée de Builders Republic couvre toute la levée en 8 étapes, du moment où se lancer jusqu’au closing : la grille pour savoir si l’on est prêt, le plan financier sur 24 mois et le modèle d’usage des fonds, la méthode de ciblage en trois listes, le texte d’introduction prêt à transférer, des modèles de premier message et de compte rendu de rendez-vous, une lettre d’intention annotée, la structure de la data room et la liste des documents du closing. Il est gratuit, avec le CRM de levée jusqu’à 20 fonds.Questions fréquentes
Comment trouver des investisseurs pour une startup ?
Il faut d’abord identifier qui finance son stade, puis dresser une liste de 25 à 35 fonds réellement actifs dans son secteur, obtenir des introductions par des fondateurs de leur portefeuille ou des business angels communs, et mener la levée comme un processus commercial, avec un suivi fonds par fonds.
Où trouver la liste des fonds d’investissement en France ?
Nos listes de fonds d’investissement classent plus de 800 fonds par stade et par secteur, en signalant les 74 qui ont fait au moins quatre nouveaux investissements ces douze derniers mois. L’annuaire des membres de France Invest recense les sociétés de gestion, sans dire lesquelles investissent encore.
Où rencontrer des investisseurs ?
Dans les réseaux de business angels, les accélérateurs et les événements de l’écosystème, puis par introduction : un fondateur du portefeuille d’un fonds reste la meilleure porte d’entrée. Nos listes de fonds indiquent lesquels investissent à votre stade.
Comment contacter un investisseur ?
Par une introduction de préférence : un fondateur du portefeuille ou un co-investisseur. À défaut, un message court à la personne qui traite les dossiers entrants ou à l’associé qui suit votre secteur, avec le stade, un chiffre clé et une demande de rendez-vous.
Combien de temps faut-il pour lever des fonds ?
Une levée de seed prend en général 2 à 5 mois entre le premier contact et l’arrivée des fonds. Mieux vaut la lancer avec assez de trésorerie pour ne pas négocier sous pression.
Combien lève-t-on en seed en France ?
Le ticket médian de l’amorçage est de 1,6M€ sur les 9 premiers mois de 2026, contre 7M€ en Série A et 21M€ en Série B. Le détail est dans notre bilan des levées du troisième trimestre 2026.
Faut-il passer par un leveur de fonds ?
Pas au seed : 8% seulement des tours d’amorçage en sont accompagnés sur les 9 premiers mois de 2026. Un leveur devient plus courant à partir de la Série A (20% des tours) et surtout de la Série B (plus d’un tiers).
Quels fonds investissent le plus en France ?
Sur les 9 premiers mois de 2026, Bpifrance a participé à 50 tours, tous véhicules confondus. Parmi les fonds qui mènent les tours, GO Capital compte 8 nouveaux deals ; parmi les suiveurs, Kima Ventures en compte 33, devant Drysdale Ventures (13) et Motier Ventures (11).
Comment trouver un business angel ?
Par les réseaux de business angels, les anciens fondateurs de son secteur et les business angels déjà présents au capital de sociétés proches. Notre base de business angels en recense 1 400.
Builders Republic suit plus de 4 000 sociétés, 5 700 opérations, 800 fonds et 1 400 business angels. Quand moins d’un fonds sur dix investit à un rythme soutenu, une levée se gagne en visant les bons fonds au bon moment. Trouvez ceux qui investissent à votre stade, dans votre secteur et à votre ticket, pilotez votre levée dans un CRM pensé pour ça et suivez un guide en 8 étapes, du premier pitch au closing. Créez votre compte gratuitement.
Méthode : levées en capital des 9 premiers mois de 2026, entrées en Bourse comprises, hors dette, subventions, rachats et cessions de titres, soit 449 opérations ; tickets médians, nombres de tours et investisseurs les plus actifs selon notre bilan du troisième trimestre. Parts de tours accompagnés d’un leveur calculées sur les tours d’amorçage, de Série A et de Série B suivis à mi-octobre 2026. Fonds très actifs : au moins 4 nouveaux investissements sur les 12 derniers mois, d’après nos listes de fonds à la même date.