Levées de fonds en France - Juin 2026 : 1,3 milliard levé

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51 opérations, 1 302M€, 4 tours au-dessus de 100M€. Alan, Morpho, Bionyra, Quobly : le baromètre Builders Republic des levées de juin 2026.

À date, juin est le deuxième mois le plus important de l'année : 1 302M€ levés sur 51 opérations, derrière mars et son mega-Seed d'AMI Labs . 4 tours dépassent 100M€ le même mois, ce que seul mars avait réussi cette année. Un chiffre remet les choses à leur place : Alan pèse 480M€ à lui seul, soit 37% du mois. Hors Alan, juin 2026 fait 822M€ contre 803M€ en juin 2025, et la médiane est rigoureusement identique d'une année sur l'autre, à 5,0M€. Le marché n'a pas accéléré : c'est son sommet qui a changé d'échelle. Voici le détail. Les chiffres du mois Indicateur Juin 2026 Juin 2025 Nombre d'opérations 51 61 Montant total levé 1 302M€ 803M€ Ticket moyen 25,5M€ 13,2M€ Ticket médian 5,0M€ 5,0M€ Part Seed + Série A 75% des deals 75% des deals Part B2B 78% 79% Part impact 24% 46% Part fondatrices 20% 21% Répartition par stade : Pre-seed : 8 opérations Seed : 17 opérations Série A : 13 opérations Série B : 1 opération (AlpSemi) Growth (C+) : 3 opérations (Morpho, InnovaFeed, Alan) PE Round : 2 opérations Venture Round : 4 opérations Extension : 2 opérations Crowdfunding : 1 opération (Green-Got) Le ticket moyen double d'une année sur l'autre, à 25,5M€, mais il ne mesure plus grand-chose : le top 5 pèse 72% des montants du mois, contre 44% en juin 2025, et le top 10 en pèse 84% contre 65%. La médiane, elle, ne bouge pas d'un centime par rapport à juin 2025, et le nombre d'opérations recule de 61 à 51. À quoi ressemble le mois sans son plus gros chèque : 50 opérations, 822M€, ticket moyen à 16,4M€ et médiane à 4,9M€. 11 opérations dépassent 20M€, soit une de moins qu'en juin 2025. L'écart entre les deux années ne vient donc pas d'un marché plus dense, mais de 4 lignes : Alan, Morpho, Bionyra et Quobly cumulent 888M€ à elles seules, quand le plus gros chèque de juin 2025 s'arrêtait à 100M€. Les deals du mois Alan : 480M€ et une valorisation à 5,5 Md€ Alan - 480M€ (Série G, Assurance santé, IDF) C'est la plus grosse levée française de l'année et l'une des plus importantes en Europe cette année hors intelligence artificielle générative. Le néerlandais Prosus mène le tour et entre au capital avec le britannique Dara Holdings, aux côtés des historiques Index Ventures et Teachers' Venture Growth. La valorisation atteint 5,5 Md€, ce qui place Alan au deuxième rang des licornes françaises derrière Mistral AI, et le cumul levé depuis 2016 dépasse 1,2 Md€. Les métriques expliquent le chèque : plus de 800M€ de revenus récurrents annuels au premier trimestre 2026, en croissance de 53% sur un an, et plus de 1,1 million de membres en France, Belgique, Espagne et Canada. Le tour arrive trois mois seulement après une levée de 100M€, ce qui en dit long sur l'appétit des investisseurs growth pour les rares actifs européens capables d'afficher ce couple taille-croissance. Alan ne lève plus pour prouver un modèle, mais pour installer un standard : la prévention vendue avec l'assurance, en abonnement unique. Morpho : 150M€ pour l'infrastructure de crédit on-chain Morpho - 150M€ (Série C, Fintech / Crypto, IDF) Morpho édite un protocole de prêt décentralisé sur lequel des institutions, des fintechs et des gérants d'actifs construisent leurs propres marchés de crédit. Le tour, annoncé à 175M$, est mené par Paradigm, a16z crypto et Ribbit Capital, avec un tour de table inhabituel : Ledger, Circle Ventures, VanEck, Wintermute, HashKey, SBI Group, Cathay Innovation, NJJ (le holding de Xavier Niel) et Bpifrance. La valorisation atteint 2 Md$. Le protocole revendique plus de 11 Md$ de dépôts et sert de couche technique à Coinbase, Kraken, Binance ou Société Générale. Le dossier ne porte pas sur un produit grand public : Morpho vend de la plomberie financière à des acteurs régulés. Le signal vaut au-delà du secteur, puisqu'il valide un modèle d'infrastructure française adoptée par des géants américains. Bionyra Pharma : 143M€ de Série A, un record pour une biotech française Bionyra Pharma - 143M€ (Série A, Santé / Biotech, IDF) Créée en 2025, Bionyra lève 165M$ sursouscrits (143M€) douze mois après sa naissance. C'est la plus grosse Série A jamais bouclée par une biotech française. Le tour est co-mené par Jeito Capital et Sofinnova Partners, qui avait déjà financé l'amorçage, avec Arkin Bio Capital, Sanofi Ventures, Sixty Degree Capital, Vives Partners et Apollo Health Ventures. L'argent finance trois candidats cliniques d'anticorps de nouvelle génération contre les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin et la dermatite atopique sévère, deux pathologies où le système immunitaire s'emballe. Le fondateur Frédéric Marrache a passé plus de 10 ans en R&D chez Sanofi sur ces pathologies. Quobly : 115M€ pour du quantique sur silicium industriel Quobly - 115M€ (Série A, Semi-conducteurs / Quantique, Auvergne-Rhône-Alpes) La spin-off grenobloise du CEA et du CNRS, créée en 2022, fabrique ses qubits sur les mêmes plaques de silicium que l'industrie du semi-conducteur, avec un procédé de STMicroelectronics. Le pari industriel est là : réutiliser les lignes de production de semi-conducteurs existantes plutôt que d'inventer une chaîne dédiée. Le tour est mené par Bpifrance, le suisse SEALSQ et STMicroelectronics, avec l'EIC, Blast, ALIAD (Air Liquide) et Innovacom. Quobly annonce son premier ordinateur quantique commercial pour fin 2026, accessible en cloud sous la gamme Alloy. C'est le plus gros tour deeptech du mois hors santé, et le seul chèque à trois chiffres du mois qui ne parte pas vers Paris. InnovaFeed : 51M€ et 60 postes supprimés InnovaFeed - 51M€ (Série E, Agrifood, IDF) L'éleveur industriel d'insectes de Nesle, dans la Somme, boucle un tour de 51M€ auprès de ses investisseurs historiques (Creadev, QIA, Temasek, Future French Champions, ABC Impact, ADM), ce qui porte à 540M€ le total levé depuis 2016. La société le présente comme le dernier tour nécessaire avant la rentabilité, attendue sous 18 mois, et l'accompagne d'une réorganisation avec une soixantaine de suppressions de postes. Après la chute d'Ynsect, InnovaFeed reste le dernier acteur français d'envergure de la filière. Le dossier vaut d'être regardé par tous ceux qui financent de la deeptech industrielle : 10 ans, un demi-milliard d'euros et un plan social pour arriver au seuil de rentabilité d'une usine. Défense : Alta Ares et Comand AI lèvent 82M€ à deux Alta Ares - 50M€ (Série A, Défense / Aérospatial, IDF) Comand AI - 32M€ (Série A, Défense / Aérospatial, IDF) Alta Ares développe des systèmes de défense aérienne autonomes : logiciel d'IA embarquée pour détecter et suivre drones, aéronefs et missiles en environnement brouillé, couplé à des intercepteurs. Le tour est mené par le britannique Air Street Capital avec l'allemand Cherry Ventures, le polonais OTB Ventures et l'américain Harpoon Ventures. La société ouvre une usine de 1 500 m² à Toulouse, vise un millier de drones produits d'ici fin 2026 et se teste sur le terrain ukrainien. Elle avait levé 2M€ un an plus tôt. Comand AI a annoncé son tour à Eurosatory, le 17 juin. La société édite Prevail, une plateforme de commandement et de contrôle bâtie autour de l'IA : fusion des flux de renseignement, analyse de terrain, agents spécialisés pour la planification de mission, la décision finale restant à l'officier. Blossom Capital mène, le suédois Saab entre comme investisseur stratégique. Le produit est déployé depuis un an en France, en Allemagne et en Ukraine. Deux Série A de défense le même mois, aucun fonds français en tête de tour : la défense a la cote, mais les fonds français ont du mal à convaincre. Le top 10 complet Startup Montant Stade Secteur Région Alan 480M€ Série G Assurance santé IDF Morpho 150M€ Série C Fintech / Crypto IDF Bionyra Pharma 143M€ Série A Santé / Biotech IDF Quobly 115M€ Série A Semi-conducteurs Auvergne-Rhône-Alpes InnovaFeed 51M€ Série E Agrifood IDF Alta Ares 50M€ Série A Défense / Aérospatial IDF Comand AI 32M€ Série A Défense / Aérospatial IDF Tsuga 30,5M€ Série A Data / Infrastructure IDF Innovorder 20M€ PE Round Restauration / Logiciel IDF Eclipse 20M€ Série A Climat / Énergie IDF Prophesee 20M€ Venture Round Semi-conducteurs IDF Les tendances du mois Les fonds français mènent la science, pas la croissance. Sur les 4 tours à plus de 100M€, 2 sont menés depuis l'étranger et 2 depuis la France. La ligne de partage n'est pas le montant, c'est le type de dossier. Alan (Prosus, Amsterdam) et Morpho (Paradigm, a16z crypto et Ribbit Capital, États-Unis) sont des plateformes logicielles en hypercroissance, et elles vont chercher leur capital dehors. Bionyra (Jeito Capital et Sofinnova Partners) et Quobly (Bpifrance, avec SEALSQ et STMicroelectronics) relèvent de la science lourde, et elles trouvent leurs leaders en France. On retrouve le même partage en dessous : Singular mène Tsuga, Yotta Capital mène AlpSemi, BNP Paribas CIB et Noria financent Eclipse, quand la défense part chez les Britanniques d'Air Street Capital et de Blossom Capital. Pour un fondateur, la lecture est simple. Sur la deeptech, la santé et l'industrie, l'écosystème français sait encore prendre la tête d'un tour à trois chiffres. Sur le logiciel de croissance et sur la défense, le roadshow devient européen ou américain. Le hardware revient dans le haut de tableau. Les semi-conducteurs et l'électronique totalisent 4 opérations et 160M€, deuxième secteur du mois derrière la fintech. Quobly sur le quantique silicium, Prophesee sur des capteurs qui ne réagissent qu'au mouvement plutôt que de filmer en continu (20M€), AlpSemi sur les disjoncteurs à semi-conducteurs (17M€, avec Schneider Electric et Navitas au capital), Wheere sur la localisation industrielle (8,5M€). Après deux ans où le logiciel et l'IA ont capté l'attention, le financement des composants repart, porté par la souveraineté technologique et par des débouchés industriels enfin identifiés. La défense s'est structurée en filière de financement. Deux Série A à 50M€ et 32M€ le même mois, dans deux segments distincts (défense sol-air autonome, commandement et contrôle), avec des industriels de défense au capital et un terrain de validation commun, l'Ukraine. Ce n'est plus une thèse d'opportunité mais un segment avec ses fonds spécialisés, ses investisseurs stratégiques et son calendrier de salons. L'impact recule nettement. 24% des opérations sont taggées impact, contre 46% en juin 2025 et 49% en avril. C'est le plus bas niveau de l'année. Rien n'indique un désengagement structurel : c'est mécaniquement l'effet d'un mois dont le haut de tableau est occupé par l'assurance, la crypto et la biotech, quand mars et avril étaient tirés par le climat et l'énergie. Le socle reste là, mais il n'a pesé que 239M€ sur les 1 302M€ du mois. Paris capte 85% des montants. L'Île-de-France concentre 32 des 51 opérations et 1 106M€. Hors Quobly, aucune opération régionale ne dépasse 17M€. La province tient le volume de petits tours, presque jamais le haut de tableau. La consolidation continue, sans passer par la case levée. 3 rachats significatifs dans les premiers jours du mois. Ornikar absorbe En Voiture Simone et constitue un ensemble de près de 150M€ de chiffre d'affaires revendiquant 14% du marché français du permis de conduire. Cegedim Santé rachète Médoucine, la plateforme de réservation des médecines complémentaires (2M€ de chiffre d'affaires, rentable), et s'ouvre un segment de 80 000 praticiens. Le lyonnais Asys reprend le parisien m-work pour bâtir un acteur européen de la planification par l'IA. Aucun montant dévoilé, mais la logique est celle de mai avec LegalPlace et Legalstart : sur les marchés arrivés à maturité, on achète des parts de marché plutôt que de les conquérir. Ce qu'on retient 1. Un mois à 1,3 Md€ qui ne dit pas que le marché accélère. Retirez Alan et juin 2026 fait 822M€ contre 803M€ un an plus tôt, avec 10 opérations de moins et une médiane identique à 5,0M€. Le marché médian français est exactement au même niveau qu'en juin 2025. Ce qui a changé, c'est la capacité de 4 dossiers à aller chercher plus de 100M€ chacun, ce qui n'existait quasiment pas l'an dernier. Sur les sept premiers mois, le cumul atteint 5,6 Md€ contre 3,6 Md€ en 2025, pour 26 opérations de moins : moins de tours, mais des tours beaucoup plus gros. 2. Le capital de croissance vient de l'étranger, pas le capital de science. Alan et Morpho, les deux plus gros tours du mois, sont menés depuis Amsterdam et San Francisco. Bionyra et Quobly, les deux autres tours à plus de 100M€, sont menés par Jeito, Sofinnova et Bpifrance. La France a donc des fonds capables d'écrire des chèques à trois chiffres, mais ils les écrivent sur de la biotech et de la deeptech, là où ils disposent de véhicules dédiés et souvent d'argent public. Sur les plateformes logicielles en hypercroissance, l'écosystème français reste co-investisseur. Reste à savoir qui détiendra ces scale-ups dans cinq ans. 3. Deux économies du financement cohabitent dans le même mois. D'un côté Alan et Morpho, des plateformes qui lèvent sur des métriques solides et des valorisations en milliards. De l'autre InnovaFeed, une deeptech industrielle qui lève 51M€ de plus, cumule 540M€ depuis 2016 et supprime une soixantaine de postes pour atteindre la rentabilité. Les deux sont des succès de la tech française. Ils ne racontent pas du tout la même histoire sur le temps et le capital nécessaires quand il faut construire des usines. Questions fréquentes Combien les startups françaises ont-elles levé en juin 2026 ? Les startups françaises ont levé 1 302M€ sur 51 opérations chiffrées en juin 2026. C'est le deuxième mois le plus important de l'année, derrière mars. Une seule société, Alan, représente 480M€, soit 37% du total. Hors Alan, le mois pèse 822M€, contre 803M€ en juin 2025 : à ce niveau, le marché est stable d'une année sur l'autre. Quelle est la plus grosse levée de fonds française de juin 2026 ? Alan, avec 480M€ levés en Série G. Le tour est mené par le néerlandais Prosus, avec le britannique Dara Holdings et les actionnaires historiques Index Ventures et Teachers' Venture Growth. Il valorise l'assureur santé 5,5 Md€ et porte à plus de 1,2 Md€ le total levé depuis 2016. Alan revendique plus de 800M€ de revenus récurrents annuels et 1,1 million de membres. Quels secteurs ont le plus levé en juin 2026 ? La fintech et l'assurance arrivent largement en tête avec 649M€ sur 5 opérations, portées par Alan et par les 150M€ de Morpho. Viennent ensuite les semi-conducteurs et l'électronique avec 160M€ sur 4 opérations, dont les 115M€ de Quobly sur le quantique en silicium, puis la santé et les biotechs avec 151M€ sur 3 opérations, dont les 143M€ de Bionyra Pharma. À l'inverse, la part des opérations à impact tombe à 24%, le plus bas niveau de 2026. Quel est le montant médian d'une levée de fonds en France ? En juin 2026, la levée médiane s'établit à 5,0M€, exactement au même niveau qu'en juin 2025. C'est l'indicateur à regarder pour un fondateur : le ticket moyen du mois, à 25,5M€, est tiré artificiellement par 4 opérations au-dessus de 100M€ qui pèsent à elles seules 888M€. Les fonds français mènent-ils encore les gros tours de table ? Cela dépend du type de dossier. En juin 2026, sur les 4 tours supérieurs à 100M€, 2 sont menés depuis l'étranger et 2 depuis la France. Alan et Morpho, des plateformes logicielles en forte croissance, ont trouvé leurs leaders à Amsterdam et aux États-Unis. Bionyra Pharma et Quobly, deux dossiers de science lourde, ont été menés par Jeito Capital, Sofinnova Partners et Bpifrance. Sur la défense, en revanche, aucun fonds français n'était en tête de tour. Pour l'analyse des tendances de fond et de l'activité des fonds, retrouvez le bilan trimestriel des levées . À lire aussi : les levées de fonds de mai 2026 et les levées de fonds de juillet 2026 . Données : base propriétaire Builders Republic, 51 opérations chiffrées tracées en juin 2026. 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